mardi 3 juin 2008

Terim garde la tête froide :



Surnommé "l'Empereur" pour ses hauts faits d'armes, le sélectionneur vétéran de la Turquie, Fatih Terim, affiche un calme olympien alors que son équipe se prépare à disputer l'UEFA EURO 2008™.
Evacuer la pression
La qualification des Turcs pour la phase finale est restée incertaine jusqu'à leur victoire 2-1 à l'extérieur contre la Norvège, qui leur a permis de doubler les Scandinaves au classement. Terim va tâcher de détendre ses joueurs comme il l'avait fait à Oslo. "Je n'aime pas voir mes joueurs ou moi-même sous pression", expliquait-il à uefa.com. "Honnêtement, j'étais vraiment à l'aise [avant ce match]. Nous étions bien conscients que le fait d'être anxieux aurait un impact négatif sur les performances des joueurs. C'était mon devoir de leur permettre d'évacuer leur nervosité, avec l'aide de mon staff."

Deuxième campagne
Cette approche a porté ses fruits, et la Turquie a empoché son billet pour la phase finale grâce à un autre succès 1-0 contre la Bosnie-Herzégovine. Terim, dont l'équipe affrontera le Portugal, la Suisse et la République tchèque dans le Groupe A, se réjouit à l'idée de mener une nouvelle campagne européenne de la sélection turque. L'ancien entraîneur du Galatasaray AS a déjà conduit la campagne des Turcs lors de l'EURO '96™, leur premier grand tournoi depuis 1954. Il est convaincu que les effets de la phase finale en Angleterre se font toujours sentir.

Objectifs plus larges
"A l'époque, le simple fait de se qualifier pour la phase finale était un exploit", rappelle Terim. "J'avais dit que l'EURO '96 serait la base des futurs progrès de l'équipe, et que la Turquie se qualifierait pour chaque compétition. Nous n'avons pas atteint cet objectif, mais nous avons pratiqué un bon football, à un meilleur niveau que ce que nous espérions. A partir de là, il y a eu les succès en phase finale de l'EURO 2000, notre troisième place en Coupe du Monde, et la Coupe UEFA et la Super Coupe de l'UEFA [remportées par le Galatasaray]. Ces expériences ont permis à nos joueurs d'apprendre comment jouer et se comporter dans les tournois qui ont suivi. Aujourd'hui, la Turquie a une vision et des objectifs plus larges."

Succès et revers
Quoi qu'il en soit, l'équipe de Terim n'a plus disputé de grande phase finale depuis six ans. Le sélectionneur de 54 ans a manqué la qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA 2006, après avoir repris les rênes de l'équipe pour un second mandat en 2005. Auparavant, les Turcs avaient également manqué l'UEFA EURO 2004™. "Après ces échecs, la situation et la direction du football turc ont été remis en question. Mais notre qualification pour l'EURO 2008 a permis d'apaiser les esprits", déclare Terim. "Même les grandes équipes peuvent être absentes de ces compétitions, et c'est ce qui est bien dans le football. C'est normal qu'il y ait des fois où on ne peut pas gagner."

Questions de concentration
Toute la Turquie espère que la phase finale de cet été ne sera pas de ces fois-là. Mais Terim sait que la compétition sera rude. "Les groupes de Championnat d'Europe sont toujours différents des groupes de Coupe du Monde de la FIFA, parce qu'en Coupe du Monde il y a des équipes de différents continents, et c'est plus facile de terminer dans les deux premiers. Par contre, en Championnat d'Europe, il n'y a pas d'équipes faciles. Notre objectif sera de représenter notre pays de notre mieux et de nous qualifier en phase de groupes en jouant un bon football." Paradoxalement, le fait de jouer de meilleures équipes pourrait bénéficier aux Turcs, qui ont enregistré des résultats décevants face à des équipes comme la Moldavie, Malte et la Bosnie-Herzégovine en éliminatoires. "Nous avons eu des difficultés de concentration face à des équipes inférieures en amicaux et en matches officiels. Par contre nous sommes plus concentrés face à des équipes sérieuses", explique Terim. "Nous devrons considérer toutes les équipes comme des adversaires sérieux."

Blessures
Concernant ses joueurs, Terim prie surtout pour que lui soient épargnés les problèmes des éliminatoires. "Nous n'avons pas modifié la base de notre onze de départ pendant les éliminatoires, mais nous avons été l'équipe la moins chanceuse en termes de blessures", regrette le sélectionneur. "Parfois, on a même eu sept blessés. J'espère que nous pourrons éviter les blessures jusqu'à la phase finale." Terim attend également avec impatience de voir ses talents prometteurs s'épanouir sur la scène européenne. "J'espère voir plusieurs jeunes joueurs de talent se faire remarquer cet été. Mais je ne dirai pas qui, pour ne pas être injuste envers les autres." Toujours aussi diplomate, l'Empereur surveille ses propos car il sait que ses joueurs n'en manquent pas une miette.

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